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Néanmoins la démocratisation de ces fabriques à élites est en cours. L'an dernier, Henri-IV a lancé une « prépa à la prépa » destinée aux élèves boursiers. Et le prestigieux lycée parisien Saint-Louis accueille depuis cette rentrée quatorze jeunes issus de quartiers réputés sensibles (lire ci-dessous). Avec des moyens conséquents, ceux-là même que le rapport du Sénat souhaite voir se développer. L'internat notamment, « un gros plus pour travailler à fond, sans avoir à rentrer chez moi tous les soirs », sourit Christian, 18 ans. Originaire de Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), il vient d'intégrer la première année de math sup. Et un système de bourses, utile quoique « insuffisant, selon Christian, pour payer les fournitures, les livres, la cantine ». Philippe Heudron, de la CPGE, rappelle que « 22 % des élèves de classes préparatoires sont déjà boursiers, ce qui n'est pas si mal pour des classes réputées fermées ». Le rapport demande malgré tout d'améliorer le système des aides. Une des clés pour redémarrer l'ascenseur social. " |
Le lycée Henri IV |
par Laure de Charette pour le 20minutes
source : www.20minutes.fr
Extraits de la synthèse du rapport
Présentation
" Si les grandes écoles n’ont pas le
monopole de la formation des élites dans
notre pays, du moins occupent-elles une part
majeure dans ce processus. Les classes
préparatoires ne constituent pas la voie
exclusive pour y accéder, mais la principale
et la plus prestigieuse.
Or, la faible diversité de l’origine
sociale de leurs étudiants est préoccupante.
Elle traduit une panne de l’« ascenseur
social » et suscite une forme de reproduction
des élites. Cette situation est préjudiciable à
la fois pour les jeunes issus de milieux non
initiés aux méandres de notre système
éducatif, pour les grandes écoles - il existe
plus de 200 écoles d’ingénieurs et autant
d’écoles de gestion - qui ont mission de
former nombre des futurs cadres dirigeants
de notre pays, et pour les entreprises qui ne
trouvent plus au sein du vivier des jeunes
diplômés la diversité des talents et des
personnalités qu’elles souhaitent recruter. "
Les principaux problèmes
" - un phénomène d’autocensure, d’ordre à la fois socioculturel et psychologique, qui renvoie notamment aux défaillances de notre système d’information et d’orientation.
- des handicaps financiers (logement, frais d’inscription aux concours,
coût des études, travail salarié peu
compatible…).
- des inégalités territoriales d’accès aux classes prépas, qui se conjuguent, bien souvent, aux inégalités sociales ou culturelles. Elles ne concernent pas seulement les banlieues difficiles, mais également les zones rurales enclavées ou les zones industrielles en reconversion. "
Quelques chiffres
" - 5 % des élèves entrés en 6è accèdent aux grandes écoles.
- 9 % des bacheliers généraux et technologiques d’une génération intègrent une classe préparatoire. C ’est le
cas de près de 20 % des bacheliers scientifiques et d’1 % des bacheliers technologiques.
- dans les années 1970, un enfant d’ouvrier avait 28 fois moins de chances qu’un enfant de cadre supérieur
d’accéder à l’enseignement supérieur ; il en a 7 fois moins aujourd’hui.
- 43 % des enfants d’enseignants accèdent à un baccalauréat général scientifique, contre 6 % des enfants
d’ouvriers non qualifiés ; or, 72 % des étudiants en classe prépas sont titulaires d’un bac S.
- 54 % des étudiants en classes préparatoires sont issus de milieu favorisé ; c’est le cas de 41 % des étudiants
en médecine, de 29 % en licence et de 16 % dans les sections de technicien supérieur.
- 4 % seulement des élèves de classes prépas sont des bacheliers technologiques ; dans les classes qui les
accueillent, 27 % des étudiants sont issus de milieu favorisé et 27 % de milieu défavorisé.
- 21 départements sont dépourvus de classe préparatoire publique.
- 1 étudiant en classe prépa sur trois est scolarisé en Ile-de-France, 18 % à Paris.
- si 16 % des lycées proposent une offre de classes prépas, c’est le cas de près du tiers des établissements
considérés comme favorisés. "
Propositions
" 1) Améliorer l’information des élèves et des familles sur l’ « éventail des possibles ».
2) Remédier aux défaillances du système d’orientation des élèves.
3) Démystifier les classes préparatoires.
4) Restaurer l’équité territoriale, notamment en faveur des zones rurales et des banlieues.
5) Généraliser le tutorat.
6) Lever les handicaps financiers.
7) Remédier à la pénurie d’offre de logements étudiants.
8) Mobiliser les rectorats.
9) Evaluer et valoriser les expérimentations.
10) Valoriser les synergies.
11) Conduire une réflexion sur les modalités de notation et d’évaluation des élèves de classes préparatoires.
12) Rendre plus lisible et plus cohérente l’offre de formation en classe préparatoire. "
Pour plus d'informations et de précisions : lire la synthèse du rapport du Sénat sur les CPGE
07/10/2007
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