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Les écoles de commerce et l’emploi : le triomphe discret des écoles dont on parle peu
Juger les écoles sur leur capacité à faciliter l’emploi de leurs étudiants ? L’idée ne semble pas mauvaise. Hélas l’art de la com ne permet pas d’appréhender la réalité. Comment ne pas être exigeant si vous sortez d’une école gonflée par des classements imbéciles ?
Saviez-vous qu’un diplômé sur deux n’a pas de CDI un an après avoir quitté certaines écoles ?
Parfois un sur quatre est encore à la recherche d’un emploi au terme d’un cursus qui a pu couter 50 000 euros de frais de scolarité.
Les écoles post bac ne figurent pas dans le petit groupe d’écoles qui réussissent magistralement l’insertion de leurs jeunes diplômés. Elles sont pourtant plus chères et moins ouvertes socialement que les meilleures. Les statistiques réservent bien des surprises : contre-performances de certaines écoles chéries de certains classements, réussite de « petites écoles » négligées. Quant aux fameux BBA et bachelors, ils conduisent surtout à intégrer une autre école dans les 3 /4 des cas et donc à des cursus de 80 000 euros…

Des chiffres qui dérangent ?
Si les chiffres que vous allez analyser étaient connus , les classements de la presse seraient ridiculisés…Ne parlons pas des discours lénifiants sur les BBA et bachelors .
Les vrais chiffres des écoles de commerce sont validés par les directeurs et sont transmis au Ministère de l’Education Nationale de l’enseignement supérieur et de la recherche. Ils sont utilisés pour accorder ou non aux écoles le Master. Ils sont centralisés par la commission en charge des accréditations, la CEFDG.
https://www.cefdg.fr/

L’approche n’est pas facile pour le grand public mais je me propose de dévoiler les fiches cachées des écoles. Nous y ajouterons d’excellentes enquêtes objectives menées par les statisticiens de l’Ensai. .
Nous serons alors très loin de la grande cuisine des classements et de l’image de la jeunesse dorée pour laquelle tout serait facile.
Les indicateurs du ministère sont réalistes mais il faut tenir compte de trois situations différentes : l’emploi, le chômage et la poursuite d’étude.
Le total des employés et de ceux qui sont en recherche d’emploi ne fait pas 100%, plusieurs étudiants sont en poursuite d’étude après leur diplôme.

Les poursuites d’étude sont moins nombreuses que l’on pouvait le penser. Elles sont incontournables si un étudiant veut compléter son diplôme par une véritable double compétence en droit ou dans une école d’ingénieur. Tel est le cas dans les parisiennes ou à l’EDHEC mais les chiffres demeurent modestes, tout comme les doubles compétences…
Dans certaines écoles la poursuite d’étude traduit une réalité différente, le besoin de compléter un diplôme jugé insuffisant. On évoque souvent des masters spécialisés dans des écoles plus prestigieuses. Dans les faits cette pratique est peu répandue et la poursuite d’étude se fera après quelques années d’expérience professionnelle. Le diplôme de la Grande Ecole se suffit donc à lui-même dans l’immense majorité des cas.
Ce n’est pas le cas des BBA et bachelors qui ne conduisent pas majoritairement au marché du travail mais … à intégrer une autre école .

Les écoles n’assurent pas une protection complète contre le chômage
L’enquête de la CGE nous donne 15%de jeunes diplômés en recherche d’emploi, 80% d’employés et 5% en poursuite d’étude pour l’ensemble des grandes écoles de commerce.
Les écarts sont pourtant conséquents entre des écoles qui comptent moins de 5% de chômeurs après le diplôme et celles qui sont à près de 20%. Mais tous les emplois ne se valent pas , nous prendrons donc en compte le pourcentage de jeunes diplômés en CDI
Qui fait mieux que la moyenne? Les parisiennes, on s’y attendait mais il y a des surprises.

Les écoles qu’il faut intégrer : moins de 10% d’étudiants en recherche d’emploi et plus de 70% en cdi
Réussite sans égal de l’Essec, pour pratiquement tous les étudiants c’est le cdi. Certains seront surpris de trouver Neoma dans le premier groupe mais la proximité de PARIS (Reims, Rouen) et l’importance de l’apprentissage n’y sont pas pour rien. Peut être également une moindre exigence en terme d’emplois ?
% Diplômés en CDI %en recherche d’emploi
ESSEC 90.2 / 3
ESCP 77.4 / 7
HEC 74.1 / 5
EM LYON 73.8 / 7
NEOMA 73.8 / 9
Trois écoles n’atteignent qu’un seul objectif mais leurs performances sont enviables
Je m’attendais à trouver l’EDHEC et Audencia un peu mieux placées, Kedge s’en sort bien. Le niveau d’exigence serait-il trop élevé pour les diplômés de l’Edhec et de Audencia qui croient en l’existence d’un top 5 ?
% Diplômés en CDI %en recherche d’emploi
EDHEC 70.6 / 12
KEDGE 68.9 / 5
Audencia 64 .7% / 8.3

Les autres écoles
On trouve dans ce groupe des écoles post bac qui parviennent à égaler des écoles recrutant après prépa ou licence. L’ieseg école chérie des média se situe à ce niveau avec TBS et Skema .
% Diplômés en CDI %en recherche d’emploi
TBS 64.75 / 12 .2
Ieseg 68 .8 / 11
SKEMA 66.5 / 15

Les déceptions
Même si c’est un peu mieux que l’an dernier Grenoble n’a pas de résultats à la hauteur des fameux classements . La notoriété n’explique pas tout, la proximité de Paris, la force du réseau d’anciens font la différence entre Néoma, Telecom et des écoles plus éloignées comme Grenoble ou Montpellier.
La situation du marché local de l’emploi… un indicateur qui n’est jamais pris en compte.
% Diplômés en CDI %en recherche d’emploi
EM STRAS 62.4 / 14%
Esce 61 / 6
ESSCA 59.3 / 10
GEM 60.1 / 17
MONTPELLIER 53.5 / 25.7
RENNES 53.3 / 23

Les petites malines qui réussissent …
L’enquête porte sur de petits effectifs car les promotions sont moins nombreuses ( 5 fois moins qu’à Neoma ou Kedge ) ce qui limite les comparaisons. Ces petites écoles, par leur taille, réussissent cependant l’insertion des étudiants avec des performances dignes du premier groupe. De belles performances pédagogiques …De quoi faire hésiter. Ces écoles sont moins chères et plus ouvertes socialement que celles qui font moins bien…
TELECOM 80 .11 / 8
BURGUNDY 76.4 / 7 .9
ICN 72.3 / 8.8

Bachelors et BBA, quelle logique ?
Il s’agissait à l’origine de formations courtes professionnalisantes destinées à atteindre rapidement le marché du travail. Mais quand les 2 /3 ou plus de la promotion poursuit des études il y a problème :
-cursus répétitif, une formation commerciale suit une formation commerciale sans progressivité
-cursus long de 5 à sept ans
-cursus coûteux de plus de 50000 euros
Les BBA qui peuvent se suffire à eux-mêmes un étudiant sur deux entre sur le marché du travail
% Diplômés en CDI %en recherche d’emploi %poursuite étude
CESEM Neoma 34 / 9 .8 / 44
Bba essec 33.1 / 3 / 45
Situation analogue pour Kedge EBPI mais peu d’étudiants ont répondu, seulement 4 % poursuivent des études
Bachelor TBS 25 / 8 / 49
Ceux qui conduisent rarement à l’emploi mais à de couteuses poursuites d’étude
Je suis bien plus critique pour ces formations souvent mises en place pour alimenter le programme grande école.
% Diplômés en CDI %en recherche d’emploi %poursuite étude
Kedge bachelors 14.6 / 9 / 63
Edhec bba ESPEME 15 / 4 / 74
Il en existe bien d’autres moins connus
https://pgibertie.com/2018/03/12/les-ecoles-de-commerce-et-lemploi-le-triomphe-discret-des-ecoles-dont-on-parle-peu/

le 12/3/18
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